Wissou : Richard Trinquier déféré devant la justice

Par suite des événements qui se sont produit dans la commune de Wissous avec le maire Richard Trinquier, la procureure Caroline Nisand a fait un communiqué de presse sur les faits et les suites judiciaires de l’affaire :

Le dimanche 8 avril 2018 vers 18 heures, l’intervention des services de police était
requise à la suite d’un différend violent opposant Richard TRINQUIER, maire de la
commune de Wissous (91) et des personnes issues de la communauté des gens du
voyage qui s’étaient installées le jour même, en début d’après midi, sur le parking d’un
chantier de la ville. Les requérants affirmaient que le maire avait brandi un sabre et
exhibé une arme de poing.

Sur place, les fonctionnaires de police constataient la présence du maire, de son
premier adjoint, du chef de la police municipale et de deux policiers municipaux en
tenue. Richard TRINQUIER, porteur d’un gilet pare balles, était retrouvé en
possession d’un sabre japonais de type katana, arme de catégorie D, qu’il exhibait
devant les fonctionnaires de police requis. Il présentait par ailleurs un taux
d’alcoolémie de 0,29 milligrammes par litre d’air expiré.

Les services de police décidaient de procéder à son interpellation et plaçaient
également en garde à vue un homme, âgé de 41 ans, issu de la communauté des gens
du voyage pour avoir menacé le maire avec une arme de chasse, laquelle était saisie.
Lors de son interpellation, Richard TRINQUIER tentait de dissimuler dans son
véhicule une arme de poing chargée de munitions, en l’espèce un glock 43, arme de
catégorie B qu’il détenait régulièrement sans être cependant en droit de la transporter
approvisionnée.

L’enquête, confiée à la sûreté départementale de l’Essonne, permettait de recueillir de
nombreux témoignages et d’exploiter des vidéos montrant le déroulement partiel de la
scène ayant opposé Richard TRINQUIER et les personnes appartenant à la
communauté des gens du voyage.

Entendu en garde à vue, Richard TRINQUIER reconnaissait s’être rendu sur les lieux
en étant armé d’un katana et porteur d’un gilet pare balles. Il contestait avoir porté
l’arme de poing découverte dans son véhicule, affirmant l’avoir uniquement
transportée dans son véhicule en vue d’une séance de tirs sportifs. Il indiquait avoir
été menacé à l’aide d’un fusil par un homme issu de la communauté des gens du
voyage alors qu’il tentait de leur faire quitter les lieux. Il considérait avoir agi en état
de légitime défense.

Par ailleurs, Richard TRINQUIER reconnaissait détenir à son domicile plusieurs
armes longues ou armes de poing. La perquisition diligentée s’avérait toutefois
infructueuse, l’épouse de Richard TRINQUIER, informée de l’interpellation de son
mari, ayant pris l’initiative de confier ces armes à un tiers, ferrailleur sur le
département de l’Essonne.

A cet égard, l’épouse de Richard TRINQUIER reconnaissait avoir dissimulé ces armes
et ainsi modifié les preuves du délit de détention non autorisée d’armes de catégorie B.
Ces armes étaient finalement découvertes en perquisition au domicile du ferrailleur
qui reconnaissait avoir, en connaissance de cause, dissimulé les armes appartenant à
Richard TRINQUIER. Au total, douze armes à feu étaient saisies dont trois étaient
détenues sans déclaration, et donc de façon irrégulière par Richard TRINQUIER.

Parallèlement à ces investigations, l’homme issu de la communauté des gens du
voyage, placé en garde à vue, reconnaissait avoir menacé le maire et les policiers
municipaux en exhibant un fusil de chasse lors de l’altercation avec le maire de
Wissous. Toutefois, il soutenait avoir agi en réplique au comportement du maire qui
l’aurait menacé, ainsi que les membres de sa famille, au moyen du katana et d’une
arme de poing.

La perquisition réalisée dans sa caravane amenait la découverte de
quatre fusils, armes de chasse de catégorie D, dont trois n’avaient pas fait l’objet de la
déclaration prévue par la réglementation.

A l’issue de l’enquête, une décision de poursuite a été prise à l’encontre de Richard
TRINQUIER pour les faits de violences avec menace d’une arme n’ayant pas entraîné
d’incapacité totale de travail au préjudice de quatre victimes issues de la communauté
des gens du voyage, violences avec menace d’une arme n’ayant pas entraîné
d’incapacité totale de travail au préjudice de personnes dépositaires de l’autorité
publique, port d’arme de catégorie B (glock 43), transport d’arme de catégorie B non
sécurisée (glock 43), détention de deux armes de catégorie B sans autorisation,
acquisition d’une arme de catégorie B sans autorisation, port d’arme de catégorie D
(katana) et conduite d’un véhicule en état alcoolique contraventionnelle. Richard
TRINQUIER a été déféré ce jour dans le cadre d’une convocation par procès verbal
devant le tribunal correctionnel, avec réquisitions de placement sous contrôle
judiciaire comprenant notamment l’interdiction de détenir ou porter une arme et
interdiction d’entrer en relation avec les victimes.

L’homme issu de la communauté des gens du voyage a été déféré ce jour dans le cadre
d’une convocation par procès verbal devant le tribunal correctionnel pour répondre
des faits de violences avec menace d’une arme n’ayant pas entraîné d’incapacité totale
de travail au préjudice de Richard TRINQUIER et des policiers municipaux et
détention de trois armes de catégorie D1 sans autorisation, avec réquisitions de
placement sous contrôle judiciaire comprenant l’interdiction de détenir ou porter une
arme, l’interdiction de paraître sur la commune de Wissous, suivi par l’association de
contrôle judiciaire et l’interdiction de contact avec les victimes.

Une décision de poursuite pénale a également été prise à l’encontre de l’épouse de
Richard TRINQUIER pour les faits de transport d’armes de catégorie B et
modification des preuves ou indices d’un délit. L’individu ayant dissimulé les armes
remises par l’épouse de Richard TRINQUIER, est poursuivi pour les faits de transport
et détention d’armes de catégorie B et pour le délit de modification des preuves ou
indices d’un délit. Des convocations leur ont été remises, par officier de police
judiciaire, aux fins de comparaître devant le tribunal correctionnel.

L’ensemble des prévenus seront jugés à l’occasion d’une audience correctionnelle fixée
le 14 juin 2018 devant la 10ème chambre.

Mme Nisand précise à l’issu d’une conférence de presse à ce sujet, rappel que les maire doivent être exemplaire devant les citoyens.