Viry-Châtillon : retour à droite?

Elle est l’une des sept villes de plus de 30 000 habitants en Essonne, après être passée de droite à gauche en 1995 et reconduit en 2001 et 2008. Cette année la ville a de fortes chances de repasser à droite avec un conseiller municipal d’opposition Jean Marie Vilain, très actif sur le terrain. La municipalité est engluée avec le problème d’installation de camps de Roms dans la ville. La candidature du socialiste Dominique Lebreton ne va pas aider la maire sortante et ceci malgré la candidature de l’ancienne députée de la circonscription.

Mairie de Viry-Châtillon (l'Essonnien-Rémi POIRIER).

Mairie de Viry-Châtillon (l’Essonnien-Rémi POIRIER).

Simone Mathieu, le maire sortant

Elle a pris la succession de Gabriel Amar en 2006, élue pour un mandat complet en 2008, aujourd’hui elle concourt pour les 2es fois. Elle mènera une liste de rassemblement sur la ville avec le Front de Gauche, Europe Écologie-Les Verts et Nouvelle-Donne. Elle rappelle son élection en 2008 sur fond de crise mondiale avec des difficultés d’emploi des Castelvirois créant des urgences sociales. Elle évoque de nombreuses réalisations dans la ville comme l’agenda 21, la remise en place des conseils de quartiers.

Jean Marie Vilain, le conseiller toujours sur le terrain

Déjà challenger en 2008, Jean Marie Vilain se représente cette année. C’est le Cofondateur avec Thierry Deilhes de l’association Ainsi Va La Ville en 1993, «J’en suis le président depuis 1999 ».

« L’association Ainsi Va La Ville vise à rassembler les forces politiques d’opposition sur Viry-Châtillon contre la majorité municipale de gauche. A ce jour, elle est l’unique fer de lance de l’opposition castelviroiseC’est grâce à Ainsi Va La Ville qu’une autre voix a pu être entendue au Conseil municipal, puis au Conseil d’agglomération, mais également sur toute la ville grâce à nos publications. C’est au sein d’Ainsi Va La Ville que, depuis de nombreuses années, se sont regroupés tous ceux qui ne se retrouvaient pas dans les orientations proposées par la majorité municipale de gauche, puis d’extrême gauche. C’est tout ce travail de terrain, de proximité avec les Castelvirois, d’engagement concret auprès des Castelvirois qui donnent à notre liste toute sa légitimité loin des appareils politiques et de celles et ceux qui ont oublié pendant longtemps nos concitoyens. Durant les trois mandatures précédentes, la gauche qui est même devenue à Viry « extrême gauche » a mené notre ville dans une situation financière catastrophique sans améliorer le quotidien de TOUS les Castelvirois. »

Il dénonce : la Hausse des taux d’imposition de 56,69%, la dette de la commune qui a augmenté de 72% et les dépenses de fonctionnement qui explosent !

Au niveau de la communauté d’agglo, le jugement est sévère : « Après dix ans d’existence, l’association Viry-Grigny a été incapable d’améliorer le quotidien des habitants de Viry-Châtillon ».

Plus globalement sur sa vision de Viry-Châtillon : « Depuis 20 ans, notre ville est soumise à une hausse continue et massive de l’insécurité. Agressions, cambriolages, braquages de commerces sont subis régulièrement par nos concitoyens. C’est fort de cette expérience de la vie municipale, de la connaissance des dossiers et de l’ardeur que nous avons que nous mettions en œuvre une autre politique à Viry-Châtillon, plus responsable, plus respectueuse des gens, de nos valeurs et de nos convictions ». Il est conseiller municipal, conseiller communautaire et président du groupe AVLV-UMP-UDI-NI dans ces deux assemblées.

Dominique Lebreton, la dissidence socialiste

Cette année les socialistes font bande à part dans cette élection municipale. Pour Dominique Lebreton, sa candidature est politique dans un premier temps. Il regrette que la municipalité Front de Gauche élue avec des voix socialistes a mis de côté justement les membres du parti socialiste dès que Jean Luc Mélenchon a créé son parti, de nombreux élus castelvirois ont quitté le PS pour le rejoindre.

Et dans un deuxième temps sur la gestion municipale, il converge sur certains points (la petite enfance) mais il se démarque sur d’autres comme le PLU (il pense le revoir notamment sur la densification en centre-ville), l’entretien des bâtiments sportifs de la ville, sur l’agglo et plus largement il pointe le manque de lien en la ville et les lacs de l’Essonne, il souhaite développer le transport et l’emploi. Au niveau de l’agglo des lacs de l’Essonne ou il pense à un rapprochement avec soit la CALPE (communauté d’agglomération les portes de l’Essonne) ou Évry centre Essonne. Il aurait aimé un meilleur travail sur la jeunesse. Dans ses projets : il pense à la création d’un EPAD pour les personnes âgées dépendantes.

Françoise Briand, l’ancienne députée

Devenu députée lors du décès de Jean Marsaudon le 18 septembre 2008, elle rappelle son passé d’élue ainsi que son score sur les législatives de 2012 (48,81%) pour justifier sa candidature à cette élection municipale. C’est pourtant le plus mauvais score de l’UMP sur la ville pour une élection législative depuis 2002 (Jean Marsaudon avait réalisé des scores de 50,42% en 2002 et 52,44% en 2007 : source ministère de l’Intérieur). Pour elle, dans une ville très politisée, il faut une réponse politique. Elle rappelle qu’elle a été choisie par la fédération UMP 91 validée par Paris. Les cadres (dans un communiqué de presse) et les militants castelvirois qui soutiennent (91% d’entre eux ont signé une lettre d’engagement) la candidature de Jean Marie Vilain ont protesté contre ce choix en manifestant lors de la venue de Jean François Copé et de Valérie Pécresse, venue mardi dernier pour défendre sa candidature.