Savigny-sur-Orge : le conseil municipal a explosé

Il sentait la poudre, il a tenu toutes ses promesses. La démocratie n’en est pas ressortie grandie. Il s’est déroulé finalement à huis clos entre la majorité et une partie de l’opposition avec de nombreux incidents. Une semaine après un report du premier.

Une heure avant le début officiel du conseil, près d’une cinquantaine de Saviniens étaient déjà présents devant ce que l’on peut appeler un camp retranché de barrière de sécurité et non une mairie avec la présence de près demi-compagnie de CRS plus les policiers nationaux du commissariat, les policiers en civile et les policiers municipaux (nous reviendrons sur ces derniers, dont un particulièrement nerveux).

Des habitants s’expriment sur le dispositif : « de mémoire, je n’ai jamais vu ça, même sous l’ancien maire », « j’ai déjà vu ce genre de dispositif, mais pour le G20 à Evian, il y avait le président Sarkozy », un autre « est-ce que le président Hollande vient ce soir à Savigny ». Une rumeur avant l’entrée de l’assistance que cinquante personnes pourraient entrer dans la salle.

Plus de 200 personnes venues assistés au conseil - l'Essonnien - l'Essonne - Rémi POIRIER

Plus de 200 personnes venues assistés au conseil – l’Essonnien – l’Essonne – Rémi POIRIER

Peu à peu que l’heure avance, c’est plus de deux cents personnes qui attendent devant la salle de mariage, quelques minutes de l’ouverture de cette dernière avant. Où attendent plusieurs policiers municipaux transformer en Robotcop* pour filtré les personnes avant d’entre dans la salle.

L’entrée fut difficile et particulièrement filtrée avec les policiers municipaux où les bouteilles d’eau des habitants sont saisies comme pour les supporteurs dans les matchs de foot avec les procédures anti-hooligans.

Nous sommes rentrées dans la salle, l’ambiance est un peu sous pression, mais bon enfant, la majorité et le maire s’installent, une partie de l’opposition est présente avec Audrey Guibert du Front National avec Laurence Spiecher-Bernier et une partie de l’opposition de gauche.

L’opposition de gauche composée d’Eva Sas (député de la 7e circonscription EELV), David Fabre (UDI), Pierre Guyard (PS) et Jean Marc Defrémont notamment sont bloqués par les policiers municipaux à quelques mètres de la porte d’entrée de la salle.

Pendant ce temps-là, la conseillère Front National Jany Mathy a pu rejoint Audrey Guibert, sa tête de liste. L’appel des conseillers se fait et une des conseillères de gauche présent fait remarquer que manque le reste de son groupe (Eva Sas, Pierre Guyard, Jean Marc Defrémont) et un autre est encore dehors, il s’agit de David Fabre.

La population présente dans la salle demande que les conseillers d’oppositions puissent rentrer et siéger dans le conseil municipal. A partir de là, le conseil municipal s’embrase la population armée seulement de leurs cordes vocales et de sifflets se fond entendre.

Alors les habitants de la ville réclament à corps et à cris que les élus manquants Éva Sas, Pierre Guyard, Jean Marc Defrémont et David Fabre,  pour qu’ils puissent entrée, ces derniers sont à moins de deux mètres de la porte de la salle, le maire fait décider de voter que le conseil municipal sera à huis clos sans que les élus manquants ne soient présents. Le conseil municipal aura dû démarrer depuis 15 minutes déjà.

Pendant que l’on filmait l’obstruction de l’entrée d’une partie des élus de l’opposition, un policier municipal, nous menace sur le fait que l’on filme ce qui se passe au sein du conseil municipal.

Vers 20h55/21h les élus d’opposition Éva Sas, Pierre Guyard, Jean Marc Defrémont et David Fabre entrent enfin de la salle. Pierre Guyard : « nous sommes restés avec la population par solidarité avec elle », il dénonce « le manque de liberté d’expression et le déni de démocratie de la majorité municipale ». Pour Audrey Guibert, « c’est un profond manque de respect pour les élus de l’opposition ».

Vers 21h10, le retour du maire Éric Melhorn annonce que le conseil municipal est de nouveau suspendu, il quitte la salle avec sa majorité et non le reverrons plus jusqu’à l’expulsion de la salle par les forces de l’ordre.

Dernière vue d'Eric Melhorn avant l'expulsion de la salle - l'Essonnien - Rémi POIRIER

Dernière vue d’Eric Melhorn avant l’expulsion de la salle – l’Essonnien – Rémi POIRIER

Vers 21h55/22h, la salle est expulsée manu militari avec le concours de la police nationale et des policiers municipaux . Le député de la circonscription Eva Sas a été expulsé avec force de la salle, alors que elle est conseillère de la ville

Vers 22h30 la mobilisation ne désemplit pas. Les policiers municipaux restent devant les portes d’accès de la mairie pendant ce temps-là, Grand-Vaux brule de nouveau. Vers 23h Pierre Guyard se rend dans la cité pour voir ce qui se passe.

Le conseil se déroule jusqu’au vers 0h55, à partir de là, les élus sortent en catimini de la mairie par groupe de deux ou trois par l’ensemble des sorties cette dernière. Le maire est sorti en toute discrétion.

Au vu des événements de la soirée, ils sont d’abord choquants en plusieurs points : le 1er les élus empêché d’entrée dans la salle du conseil. 2e le fait que la salle soit trop petite pour accueillir les habitants venus au conseil. 3e que des élus de l’opposition se sont fait expulsé par la police. 4e le député de la circonscription a été encadré par plusieurs policiers nationaux et elle a été expulsé de façon musclé par l’un des policiers municipaux.

Sorti des élus en catimini - DR

Sorti des élus en catimini – DR

Le maire de la ville a  ternie son image  par son exercice du pouvoir à Savigny-sur-Orge lors de cette soirée.

*Robotcop : surnom donné aux policiers municipaux suréquipés pour ce conseil municipal, alors qu’il y a eu une émeute dans la cité de Grand-Vaux et qu’il y a eu aucune mobilisation de ces derniers.