Les assises du mal logement – part 2

La seconde partie des assises du mal logement était destiné à mieux cerner les difficultés de logements en Essonne.

Au risque d’être redondant, les intervenants présents ont eu le mérite d’être précis sur l’état du mal logement / sans logement en Essonne :

Mme Marie-Pierre El Omari, a commencé à décrire finement la situation du mal logement en Essonne. Directrice du SIAO Insertion Essonne (Service Intégrée d’Accueil et d’Orientation), sa tâche est de centraliser les demandes de logement en Essonne et d’avoir connaissance des places disponible. Une position qui permet de mieux cerner et comprendre la réalité du mal logement en Essonne.

Ainsi, Mme El Omari, nous apprend que 4699 ménages sont suivis par ce SIAO Essonne, qui conserve leur dossier 6 mois (contre 3 mois pour les autres départements).

20% des demandes concerne une personne vivant à son domicile personnel ou conjugual, 33% concerne des personnes hébergées par un tiers.

30% des ménages touchent les familles monoparentales, 30 % les hommes seuls, et 20 % les femmes seules.

Plus inquiétant ! Bien que 41 % des personnes faisant la demande d’un logement touche le RSA, le phénomène des travailleurs précaires est bien confirmé par le SIAO. Ainsi, 24 % des personnes possède un CDI et 10 % un CDD. C’est environ 70 % des ménages concerné qui touchent entre 600 € et 1200 €. Certains gagne moins (le RSA), d’autres touchent plus…

Les centres d’hébergement et de Réinsertion Sociale sont dans l’incapacité de loger toutes ces personnes puisque seuls 750 places existent en Essonne.

 

Intervenant aux assises du mal logement présent dans l'après midi

Intervenant aux assises du mal logement présent dans l’après midi

M. Bernard de Korzac, Président de la commission DALO (Droit Au Logement Opposable), a également participé à détaillé grâce à l’ensemble des dossiers dont il a connaissance.

L’essonne fait partie des bons élèves en Île de France, puisque seul 22 recours sur 10000 personnes ont été déposé, contre une moyenne de 35 recours en Île de France.

Sociologiquement, les demandeurs de logement DALO sont pour la moitié des familles, et pour le tiers des personnes isolés. Près de la moitié sont de nationalité française.

1/3 de ces ménages ont un résiduel de 10€ / jour et par personne (le résiduel du logement étant à payer dans ce résiduel). 2/3 des ménages ont un résiduel de 20€ / jour et par personne. Cependant, certains territoires sont plus mal lotis que d’autres en concentrant une grosse part de sans logement… C’est ainsi, que sans surprise, on dénote une concentration de difficulté de logement sur les villes de Grigny, Evry, Corbeil-Essonne et Massy, et plus globalement, dans les inter-communalités à laquelle appartiennent ces villes. Ces quelques quartiers, concentre ainsi près de 80% du mal logement en Essonne.

 

M. Francis Vasse, représentant ma Société de Saint-Vincent de Paul insistera sur le fait que les personnes vivent dans des conditions difficiles (vivant dans des garages pas exemple). Les personnes accueillies en situation d’urgence reste de plus en plus longtemps. Ainsi, à ce jour, 48% des personnes restent plus d’un an en structure d’urgence.

Mme Isabelle Meyer-Dusart, déléguée départementale de la FNARS, et directrice du Collectif Relogement Essonne jouera de son va-tout militante pour insister sur le fait qu’il manque des PLAI en Essonne et de regretter la fin de la « sanctuarisation des aides au logement ». Ainsi, des personnes redevable d’une dette sur les APL, peuvent se voir retirer une partie de leur APL. Parti pris largement compréhensible, mais difficilement applicable…

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Afin de conclure cette matinée et de décrire le parcours du combattant de celui qui recherche un logement, M. Michel Pouzol, député de l’Essone, a permis de remettre les points sur les i, et d’expliquer en quoi « il faut repenser le système ». Selon M. Pouzol, il y a trop de chose à comprendre, trop de démarches à réaliser (demande RMI, démarches avec l’huissier, renouvellement de la demande de logement…). Les démarches sont si compliqué qu’il décourage la personne, plus que l’aider. Il dénonce également le leurre de la loi DALO, ainsi que la récquisition des logements comme solution miracle. Historiquement, « la loi DALO est née du fantasmes des logements vides ».

Il suggère également à ce que les APL puissent être versée directement aux propriétaires dès le premier « incident » (comprendre impayés de loyer), afin de limiter l’endettement du ménage concerné.

Le positionnement politique de M. Pouzol, fera évidemment davantage débat puisque que le député estime qu’il faut cesser avec le « myhte de la France propriétaire », et que les français ne sont pas obligé d’être propriétaire, critiquant au passage, les emprunts de longues durées (20 ans, 25 ans, 30 ans, voir plus dans d’autres pays).

Il faut cependant « libérer le foncier » et « changer le regard sur la propriété » en faisant baisser le coût du prix du foncier.

Il encourage également à ce qu’il y ait une multiplication pour augmenter la concurrence des prix sur le logement et ainsi faire baisser le coût du logement dans le parc privée.

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