Départementales 2015 : Johanna de Sousa, étudiante et candidate

Les 22 et 29 mars prochain auront lieu les premières élections départementales. Les candidats essonniens multiplient les sorties et les rencontres avec les électeurs. Parmi ces candidats, des jeunes étudiants comme Johanna de Sousa, vingt ans. Associée à Jacques Gering de l’UDI, elle représente l’alliance UMP-UDI sur le canton d’Evry-Courcouronnes. L’Essonnien l’a rencontré lors d’une journée de campagne, samedi 7 mars, à deux semaines de l’échéance.

Réunion militante au café avant le début de la journée - l'Essonnien - Clara Cristalli

Réunion militante au café avant le début de la journée – l’Essonnien – Clara Cristalli

10h: Le rendez-vous est pris dans un café d’Evry. Les militants sont là, prêts pour une journée de campagne. Découverte des nouveaux tracts, imprimés la veille.

11h: Place au tractage sur le marché d’Evry. En ce samedi matin ensoleillé, tous les partis, à l’exception du Front National, sont présents pour distribuer leur programme. A l’entrée ou au sein du marché, les regards entre militants adversaires se croisent et quelques mots s’échangent à l’occasion. Malgré une tension palpable à certains moments, la politesse est de rigueur.

Pause-repas avec les militants UMP/UDI du canton - l'Essonnien - Clara Cristalli

Pause-repas avec les militants UMP/UDI du canton – l’Essonnien – Clara Cristalli

13h: Tout le monde s’accorde une pause déjeuner. Mais la politique n’est jamais bien loin. Au delà de la campagne départementale, les sujets nationaux restent présents. La jeune candidate est au centre de la tablée. Elle est vite rejointe par Stéphane Beaudet, maire UMP de Courcouronnes et président de l’association des maires d’Ile-de-France.

La campagne se poursuit sur la place de l'Agora au centre commercial d’Évry - l'Essonnien - Clara Cristalli

La campagne se poursuit sur la place de l’Agora au centre commercial d’Évry – l’Essonnien – Clara Cristalli

15h: Dernière étape, la place de l’Agora au centre commercial Evry 2. Après le calme du matin, l’agitation de l’après-midi. Les mêmes militants sont présents mais les passants sont, eux, plus pressés. Chacun cherche à distribuer son tract au besoin de manière insistante. L’après-midi s’achève sur une atmosphère bon enfant. Johanna de Sousa, candidate UMP, va jusqu’à proposer de prendre la photo des militants de la liste Front de Gauche/Parti Communiste Français…

« Je pense que les gens ont envie de changement »

Johanna de Sousa dans sa chambre d'étudiante - l'Essonnien - Clara Cristalli

Johanna de Sousa dans sa chambre d’étudiante – l’Essonnien – Clara Cristalli

Malgré son implication en politique, Johanna de Sousa est toujours une jeune fille. C’est donc dans la maison familiale qu’elle nous reçoit, sa chambre d’adolescente un peu en désordre après une semaine chargée d’étudiante et candidate.

Johanna de Sousa, qui êtes-vous ?
J’ai 20 ans et je suis d’origine portugaise. J’ai grandi entre Evry et Courcouronnes et me sens donc implantée sur le territoire. Je ne connais que ça. Je suis étudiante. Bien qu’ayant été en lycée classé ZEP (Zone d’Education Prioritaire), mon parcours scolaire m’a permis d’entrer en classe préparatoire dans un grand lycée parisien. Quand on vient de banlieue et qu’on arrive dans des endroits comme ça, on se dit qu’avoir grandi en banlieue n’est pas forcément signe de défaite… Aujourd’hui j’ai quitté la « prépa » mais je suis contente d’être en licence de géographie à la Sorbonne, une université prestigieuse. J’aime ce que je fais !

Quel lien faites-vous entre les études que vous suivez et votre engagement politique ?
J’ai toujours aimé m’investir dans tout, m’occuper de tout. Etre déléguée de classe ou m’impliquer dans des associations notamment. J’ai longtemps fait partie du collectif jeune dans la MJC de Courcouronnes où je participe au Conseil d’Administration. Je m’intéresse à ce qui se passe dans la vie et dans la ville. La géographie était pour moi une continuité. Ce qui me plaît dans cette matière c’est la manière dont notre environnement impacte ce que nous sommes et comment nous impactons notre environnement.

Et est-ce votre implication dans la vie associative qui vous a poussé à vous engager en politique aujourd’hui ?
Mon entrée dans le monde civique a démarré en classe de CM2. La municipalité avait mis en place le Conseil Municipal des Enfants pour lequel j’avais été élue. Etant très encadrée par des maires-adjoints, j’ai appris à en côtoyer certains, à voir le système de réunions dans lequel on travaille et on monte un projet. Cet investissement m’avait beaucoup plu et m’avait appris beaucoup de choses.

Autour de vous, comment ressent-on votre candidature ?
Dans ma famille, la nouvelle a été plutôt bien accueillie. Tout le monde savait que j’étais investie en politique depuis quelques années avec mon engagement à l’UMP lors de plusieurs campagnes. Sans avoir une réelle histoire familiale politique, mes parents s’intéressent au monde politique notamment ma mère qui est conseillère municipale à Courcouronnes. Je suis donc soutenue, ce qui est important à mon sens. Bien sûr, ça apporte quelques tensions, comme dans toute famille, mais on dit bien que le débat a du bon ! Ma jeunesse a pu soulever quelques interrogations chez certains mais pas d’hostilité particulière, au contraire. Je pense que les gens ont envie de changement.

Quels sont vos objectifs pour le canton d’Evry-Courcouronnes ?
Beaucoup d’éducation, c’est le maître-mot. Pour casser les ghettos dont parle M. Manuel Valls, il faut miser sur l’éducation populaire. L’école, mais aussi d’autres dispositifs, doivent être capables d’accueillir les enfants et être des lieux où ils peuvent s’exprimer. De la sécurité pour les habitants, notamment avec des systèmes de vidéo protection. Enfin, dans la petite enfance, rétablir des aides pour les places en crèche.

Comment vont se dérouler les deux semaines qui arrivent ?
Très peu de sommeil et beaucoup d’heures à courir ! Je profiterai de mes heures libres le soir et en fin de semaine pour être sur le terrain. Tous les jours, mes colistiers et moi seront devant un marché, une boulangerie, une pharmacie… des lieux de vie. Vendredi soir, nous organisons une réunion publique à la Salle Bexley d’Evry. L’idée est d’être plus proche des gens et les mobiliser à voter.

Avec des conseillers généraux du PS depuis vingt-sept ans, le canton d’Evry-Courcouronnes est historiquement ancré à gauche. Le constat semble toutefois le même que pour l’Essonne, selon un sondage Odoxa publié par le Parisien, le « canton de Manuel Valls » pourrait basculer à droite, malgré la venue du premier ministre le 16 mars prochain à Evry.

Rappel des autres binômes candidats sur le canton d’Evry-Courcouronnes :

Danielle Oger (FN) et Jean Perry (FN)
Marie-Thérèse Plaud (UDI) et Alban Bakary (MoDem)
Fatoumata Koïta (PS) et Ronan Fleury (PS)
Marie Antil (FDG) et Samir Benamara (PCF)

Article écrit par Clara Cristalli