De nouveaux rythmes pour l’école

Dès la prochaine rentrée scolaire, des communes auront fait le choix de réaliser la réforme des rythmes scolaires prévu par le gouvernement.

 

Pourquoi cette réforme ?

 

Le gouvernement faisant le constat que les écoliers français ont moins de jours d’école comparé aux pays de l’OCDE (144 jours en France contre 187 jours en moyenne) et qu’ils ont des journées de travail particulièrement longue. Cette répartition du temps d’apprentissage est, selon le gouvernement « préjudiciable aux apprentissages » et « source de fatigues et de difficultés scolaires ».

D’où la réforme du gouvernement pour mieux étaler les enseignements sur la semaine.

Parmi les mesures du rapport sur la refondation de l’école, figure la réforme des rythmes scolaires. En clair l’organisation entre le temps d’enseignement, dépendant de l’éducation nationale, et les activités péri (accueil des enfants le matin, pause du midi, cantine, accueil du soir et études) et extra scolaires (accueil du mercredi et durant les vacances).

De ce passage du rapport, le gouvernement a tiré une loi réorganisant ces rythmes. Loi applicable dès la rentrée de septembre 2013 ou par dérogation, à la rentrée 2014.

Ecole

 

En quoi consiste t elle ?

 

Tout d’abord cette réforme vise un aménagement du temps scolaire sur 4 jours et demi au lieu de 4 jours. Ceci inclue donc généralement un mercredi matin ou un samedi matin, et surtout un réaménagement des activités extra-scolaire.

A ce jour les enseignements se feront toujours sur 36 semaines mais le gouvernement envisage aussi de réduire les vacances pour allonger le nombre de semaines d’enseignements. Il faut préciser que ce n’est pas l’objet de la réforme actuelle.

Avec cette nouvelle organisation, les enfants auront 45 minutes d’enseignement en moins (et en moyenne) par semaine. Il faut noter que cette réforme concerna aussi bien l’école maternelle que l’école élémentaire.

Ces 45 minutes « libérées » sur le temps d’enseignement doit être pris en charge par des activités périscolaires. C’est-à-dire des activités organisées par la commune.

En effet, les communes ont le choix d’organiser librement et après concertation avec les différentes partis prenants (écoles, parents d’élèves) la semaine mais quel que soit l’organisation proposée, les élèves doivent se voir proposer une solution de prise en charge jusqu’à 16H30.

De plus, l’établissement doit proposer au minimun, 1h30 de pause entre les cours du matin et les cours de l’après midi.

Différents scénarios sont alors envisageables :

  • Allonger la pause méridienne de 45 minutes
  • Commencer les cours 45 minutes plus tard
  • Terminer les enseignements 45 minutes plus tôt
  • Mixte de ces différentes solutions

L’organisation de ces 45 minutes est particulièrement compliquée pour la commune qui doit proposer des activités périscolaires en coordination avec les associations. En effet le gouvernement compte beaucoup sur le monde associatif pour proposer des activités lors du temps ainsi libéré.

Il faut remarquer que la loi n’oblige pas à avoir un temps périscolaire organisé selon les règles d’un accueil de loisir. En effet organiser un temps périscolaire comme un accueil de loisir donne droit à des subventions de la CAF pour la municipalité mais contraint énormément le nombre d’animateurs pour encadrer les enfants ainsi que leurs formations. Dans le cadre d’un accueil non organisé dans le cadre d’un accueil de loisir, le nombre d’animateurs ainsi que leur formation est laissé à l’appréciation de la commune.

Pour être complet il faut signaler que cette réforme ne remet pas en cause le principe de l’étude du soir en élémentaire et garde le principe de soutien aux élèves en difficultés par les professeurs. Ce soutien, maintenant appelé « Activités Pédagogiques Complémentaires » ouvrira un champ plus large d’activités.

 

Une organisation à revoir

 

En outre, cette organisation remet en question le rythme des élèves, mais également ceux des professionnels travaillant au bénéfice de l’établissement scolaire. La non harmonisation des rythmes scolaires pourraient vite créer de nouvelles difficultés (travail supplémentaire un mercredi matin ou un samedi matin).

De plus, les parents devront eux aussi s’adapter à emmener leurs enfants à l’école le mercredi matin ou le samedi matin. Ainsi, une famille travaillant toute la semaine (du lundi au vendredi), pourrait par exemple racourcir leurs week ends, si l’enfant à régulièrement cours le samedi matin.

L’application de la réforme peut donc être un véritable casse tête pour les municipalités.

 

L’application de la réforme à Villiers sur Orge

 

La loi souhaitait que cette réforme rentre en vigueur dans les communes dès septembre 2013 mais laissait la possibilité de reporter en septembre 2014.

A Villiers sur orge, comme dans la très grande majorité des communes de France, le conseil municipal a décidé de reporter cette réforme pour laisser du temps pour la préparer.

De plus, après une concertation des deux conseils d’école, il a été décidé que l’école aurait lieu le mercredi matin (à partir de septembre 2014).

Durant ce laps de temps, la commune doit monter un projet expliquant comment elle allait organiser ce temps d’accueil et d’activités, notamment en collaboration avec le monde associatif.

Les conseils d’école ont également réfléchi au positionnement de ces 45 minutes sur la journée des enfants. Il ressort une orientation vers l’allongement de la pause du midi dans la mesure où les enfants se verront proposer des activités intéressantes.

Des consultations sont donc actuellement en cours pour trouver des intervenants du monde associatif qui pourraient proposer des activités culturelles, sportives …. sur le temps du midi.

 

L’application de la réforme à Evry

 

A Evry, on vante que la ville est à la pointe en matière d’éducation et qu’une concertation a déjà été lancé par la mairie en 2011. On vante également les bienfaits de cette réforme qui permet de mieux respecter le rythme biologique de l’enfant.

Cette concertation, a semble t-il, permis d’anticiper la manière dont les enfants pourraient poursuivre leurs activités extra-scolaire en les déplaçant à une autre période que le mercredi matin (heure où la ville d’Evry a choisi de réaliser sa 9eme demi journée).

On vante également le fait que l’aménagement du rythme scolaire ne coûtera pas un sous de plus à la famille. La ville précise que la réforme coûtant 500.000 euros sera supporté par la municipalité. 90 euros par enfant est pris en charge par l’Etat. Rien ne nous dit cependant les répercutions qu’il y aura sur les impôts locaux.

 

Ou encore à Palaiseau

 

La ville de Palaiseau est également candidate pour appliquer la réforme des rythmes scolaire dès cette année.

Tout comme Evry, la ville de Palaiseau vante le bienfait de ce rythme adapté aux besoins de l’enfant. Pour mener à bien cette réforme avec le moins de tracas possible, la collectivité a décidé de publier un guide pratique (de 12 pages) à l’ensemble des parents d’élèves où l’on présente tout ce que va changer la nouvelle réforme (comment s’organiser la semaine, la journée du mercredi), mais également faire des rappels de ce qu’est une rentrée scolaire (Quand s’inscrire aux activités, les transports scolaire, les vacances scolaires…)

 

Les autres villes appliquant la réforme dès cette année

 

Outre ces villes, l’essonne peut notamment compter sur les villes de Chilly-Mazarin, Corbeil-Essonnes Epinay-sous-Seinart, Morangis ou Ris-Orangis pour mener la réforme dès 2013.

 

Quel coût pour la commune ?

 

Cette réforme aura un coût non négligeable pour la commune. En effet, il reviendra à la charge de la collectivité de payer les intervenants pour 45 minutes par jour et cela pendant 36 semaines. Le surcoût pour la commune est évalué à environ 45 000 euros soit 0,7 euros en moyenne par repas servi. Quel que soit le mode de financement la collectivité, et donc les contribuables, auront à assurer ces coûts.

Pourtant les communes décidant d’appliquer cette mesures dès l’année 2013 – 2014, bénéficie d’une aide de l’Etat, que l’école soit publique ou privée sous contrat.

 

Que penser de cette réforme ?

 

Cette réforme part d’un constat réel, la fatigue des enfants et l’impact sur l’apprentissage. Il convenait donc de faire quelque chose. Réduire les temps d’apprentissage peut être une bonne chose mais dans tous les cas la journée de travail des enfants ne sera pas plus courte pour autant : Ils partiront le matin à la même heure et reviendront le soir à la même heure. Seulement, maintenant, ils devront se lever plut tôt aussi le mercredi (même si pour un grand nombre d’entre eux ils sont déjà réveillés).

Pour justifier cette réforme, le gouvernement prend en exemple d’autres pays qui ont une organisation similaire. Seulement dans ces pays, l’organisation de la société est différente, avec des parents qui ont moins de contraintes professionnelles (durée de la journée, distance travail domicile …) et qui peuvent venir chercher leurs enfants plus tôt. C’est à cette condition que la journée des enfants peut réellement être raccourcie.

Cette réforme reçoit un avis très mitigée de la part des enseignants et des parents. En février, la réforme des rythmes scolaires a même été l’objet de grèves pour dénoncer le manque de concertation avec le corps enseignant. Cette grève a été plutôt bien suivie.


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